
441 € pour un tiers, 631 € pour un tous risques. Ça fait presque 200 € d’écart par an selon le baromètre 2025 LeLynx. Et pourtant, je reçois chaque semaine des conducteurs qui paient le prix fort pour une couverture inadaptée. Soit ils surpaient un tous risques sur une voiture qui ne vaut plus grand-chose. Soit ils économisent trois francs six sous avec un tiers… et se retrouvent démunis après un accident.
La vraie question n’est pas « quelle est la meilleure formule ? » — c’est « quelle formule correspond à VOTRE situation ? ». Et franchement, ça dépend de trois choses : la valeur de votre véhicule, votre profil de conducteur, et ce que vous êtes prêt à assumer en cas de pépin.
L’essentiel sur les formules auto en 30 secondes
- Tiers = minimum légal, couvre uniquement les dommages aux autres
- Tous risques = couverture complète, pertinent si véhicule de moins de 7 ans ou valeur supérieure à 8 000 €
- Au-delà de 7-8 ans : le tiers étendu suffit dans 80 % des cas
- Les options clés à évaluer : assistance 0 km et bris de glace
Points clés abordés
Ce qui distingue vraiment les 4 formules d’assurance auto
Soyons clairs : aux termes de l’article L211-1 du Code des assurances, vous êtes obligé d’avoir au minimum une assurance responsabilité civile. Le fameux « tiers ». Sans ça, c’est 3 750 € d’amende et des ennuis en cascade. Mais cette couverture minimale ne protège que les autres — pas vous, pas votre voiture.
Le problème, c’est que les assureurs adorent multiplier les appellations. « Tiers étendu », « tiers plus », « intermédiaire », « tous risques confort »… J’ai vu des clients complètement perdus devant ces intitulés marketing. Voici ce qui compte vraiment :
| Formule | Dommages couverts | Cas d’usage idéal | Prime moyenne 2025 | Mon verdict |
|---|---|---|---|---|
| Tiers simple | Responsabilité civile uniquement | Véhicule de plus de 10 ans, faible valeur | Environ 440 €/an | Le strict minimum légal |
| Tiers étendu / Vol-Incendie | RC + vol + incendie + bris de glace | Véhicule 7-10 ans, valeur 3 000-6 000 € | Environ 500 €/an | Le bon compromis |
| Intermédiaire | Tiers étendu + catastrophes naturelles | Véhicule 5-7 ans, usage mixte | Environ 550 €/an | Transition vers tous risques |
| Tous risques | Tout, y compris vos propres dommages | Véhicule de moins de 5 ans ou valeur supérieure à 10 000 € | Environ 630 €/an | Indispensable si véhicule récent |

Ce que ce tableau ne montre pas, c’est l’écart réel de protection. En assurance au tiers, si vous percutez un arbre tout seul, vous repartez à pied et vous payez les réparations de votre poche. En tous risques, votre assureur prend en charge — moyennant franchise.
Quelle formule selon votre profil et votre véhicule
Je recommande toujours de partir d’un critère simple : la valeur actuelle de votre véhicule. Pas le prix d’achat, la valeur Argus du moment. Parce que c’est sur cette base que vous serez indemnisé en cas de perte totale.
Véhicule récent ou de valeur : pourquoi le tous risques s’impose
Si votre voiture a moins de 5 ans ou vaut plus de 10 000 €, ne cherchez pas midi à quatorze heures : prenez un tous risques. L’écart de prime — environ 190 € par an selon les chiffres LeLynx — est dérisoire face au risque de devoir sortir 8 000 € de votre poche après un accident responsable.
J’ai accompagné Sylvie l’année dernière. Infirmière libérale, 52 ans, elle roulait avec un Kangoo de 2018 qu’elle utilisait chaque jour pour ses tournées patients. Elle hésitait entre tiers étendu et tous risques pour économiser une centaine d’euros. Je lui ai posé une question simple : « Si votre véhicule est immobilisé trois semaines après un accrochage, combien vous coûte l’arrêt de votre activité ? » Elle a opté pour le tous risques avec franchise réduite. Tranquillité d’esprit pour un outil de travail.
Véhicule de plus de 7-8 ans : le calcul qui change tout
Là, on entre dans la zone où les choses deviennent intéressantes. Un véhicule perd environ 10 % de sa valeur chaque année durant les premières années, selon les données du guide Réassurez-moi sur l’arbitrage valeur/formule. Résultat : au bout de 8 ans, votre berline achetée 25 000 € n’en vaut peut-être plus que 6 000 €.
Faites le calcul : si vous payez 630 € par an en tous risques avec une franchise de 400 €, et que votre voiture vaut 5 000 €, le ratio devient absurde. En cas de perte totale, vous toucherez 4 600 € après franchise. Vous auriez mieux fait de mettre la différence de prime de côté pendant trois ans.
Mon conseil concret : basculez vers un tiers étendu (vol + incendie + bris de glace) dès que la valeur Argus passe sous les 6 000-7 000 €. Vous conservez une protection contre les risques majeurs sans payer pour une couverture dommages qui ne vaut plus le coup.
Jeune conducteur ou petit rouleur : les formules intelligentes
Les jeunes conducteurs paient cher. Très cher. Selon l’étude novembre 2025 du Comparateur Assurance, la prime moyenne atteint 2 121 € par an pour un conducteur novice, contre 594 € pour un profil expérimenté. Ça fait réfléchir.
Si vous débutez et que vous conduisez un véhicule modeste (citadine d’occasion, valeur sous 5 000 €), le tiers étendu reste souvent le choix le plus rationnel. Vous limitez la casse financière tout en conservant les garanties essentielles. Les formules kilométriques (plafonnées à 9 000 km/an environ) peuvent aussi faire baisser la note si vous roulez peu.
Votre véhicule, votre formule : le test en 4 questions
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Véhicule de moins de 5 ans OU valeur supérieure à 12 000 € :
Tous risques sans hésiter. L’écart de prime se justifie par la protection de votre investissement.
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Véhicule entre 5 et 8 ans OU valeur entre 5 000 et 12 000 € :
Tiers vol-incendie ou intermédiaire. Vous conservez les garanties clés sans surpayer.
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Véhicule de plus de 8 ans OU valeur inférieure à 5 000 € :
Tiers simple ou étendu selon votre appétence au risque vol. Le tous risques n’a plus de sens économique.
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Jeune conducteur quel que soit le véhicule :
Tiers étendu + options ciblées (assistance). Concentrez votre budget sur les garanties utiles, pas sur la couverture maximale.
Les 3 erreurs de choix que je vois tout le temps
Après des années à accompagner des particuliers dans leurs choix d’assurance, certaines erreurs reviennent sans cesse. Elles coûtent cher, et elles sont évitables.
L’erreur qui coûte 300 €/an à des milliers d’automobilistes
Maintenir une formule tous risques sur un véhicule de plus de 8 ans dont la valeur résiduelle ne dépasse pas 5 000 €. Dans mon expérience d’accompagnement d’assurés, je constate cette situation régulièrement. Le surcoût annuel tourne autour de 200 à 400 € sans bénéfice réel. Ce constat est limité à mon périmètre et peut varier selon la valeur Argus réelle et l’historique de sinistres.
La deuxième erreur, c’est l’inverse : sous-assurer un véhicule récent pour gratter 150 € par an. J’ai vu un conducteur pleurer devant sa Peugeot 3008 de deux ans, emboutie dans un parking souterrain. Assuré au tiers. 18 000 € de réparations à sa charge. Comme le rappelle le Groupe Matmut, adapter sa couverture à la valeur réelle du véhicule reste la règle d’or pour éviter les mauvaises surprises.
Troisième piège classique : ignorer les franchises. Deux contrats peuvent afficher la même prime, mais avec des franchises de 150 € pour l’un et 600 € pour l’autre. En cas de sinistre, ça change tout. Lisez les conditions particulières, pas juste le prix mensuel.

Les options qui valent vraiment le coup (et celles à éviter)
Les options, c’est là que les assureurs font leurs marges. Certaines valent chaque euro. D’autres sont du pur marketing.
Les options qui valent le coup
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Assistance 0 km : indispensable si vous roulez seul ou en zone isolée
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Bris de glace : rentable si vous roulez beaucoup sur autoroute (gravillons)
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Véhicule de remplacement : crucial si votre voiture est votre outil de travail
Les options souvent superflues
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Protection juridique : souvent déjà incluse dans votre assurance habitation
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Garantie conducteur doublonnée : vérifiez si votre mutuelle couvre déjà
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Objets transportés : plafonds souvent ridicules (150-300 €)
Mon avis tranché : si vous ne devez retenir qu’une option, prenez l’assistance 0 km. Une panne devant chez vous à 7h du matin un lundi, ça arrive. Et sans cette option, votre assureur ne bouge pas le petit doigt si vous êtes à moins de 50 km de votre domicile.
Pour le bris de glace, ça dépend de votre usage. Si vous faites 20 000 km par an dont la moitié sur autoroute, c’est rentable. Si vous roulez 5 000 km en ville, gardez cet argent.
Vos questions sur le choix de formule assurance auto
Puis-je changer de formule en cours d’année ?
Oui, depuis la loi Hamon, vous pouvez résilier et changer d’assurance à tout moment après la première année de contrat. Votre nouvel assureur s’occupe des démarches. Le changement prend effet un mois après la demande.
Tous risques sur une voiture en leasing : obligatoire ou pas ?
Dans la quasi-totalité des contrats de LOA ou LLD, le tous risques est imposé par le loueur. Vérifiez votre contrat de location : cette obligation y figure généralement en toutes lettres.
La franchise change-t-elle selon la formule ?
Pas automatiquement, mais les formules tous risques proposent souvent des options de franchise réduite (moyennant surprime). La franchise catastrophe naturelle reste fixe à 380 € quel que soit le contrat.
Mon bonus est-il conservé si je change de formule ?
Absolument. Votre coefficient bonus-malus est attaché à vous, pas à votre contrat ni à votre assureur. Il vous suit quel que soit le changement de formule ou de compagnie. Le bonus maximum reste à 0,50 (50 % de réduction).
Tiers étendu ou tiers vol incendie : quelle différence ?
C’est souvent la même chose sous des noms différents. Le « tiers étendu » ou « tiers plus » ajoute généralement vol, incendie, bris de glace et parfois catastrophes naturelles. Comparez les garanties détaillées, pas les intitulés commerciaux.
Ce que ce guide ne remplace pas
- Les tarifs mentionnés sont des moyennes 2025-2026 et varient selon assureur, région et profil
- Chaque contrat comporte des exclusions spécifiques à lire attentivement
- Ce guide ne remplace pas une simulation personnalisée avec vos données réelles
Risques à connaître : refus d’indemnisation possible si déclaration initiale incomplète ou erronée ; franchise majorée si conducteur non déclaré au contrat.
Pour une analyse adaptée à votre situation, consultez un courtier en assurance ou le service client de votre assureur.
Et maintenant ?
Le choix de votre formule d’assurance auto n’est pas gravé dans le marbre. Il doit évoluer avec votre véhicule. Ce que je recommande systématiquement : réévaluez votre contrat tous les deux ans, ou dès que votre voiture franchit le cap des 7-8 ans.
Votre plan d’action pour les 7 prochains jours
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Vérifiez la cote Argus actuelle de votre véhicule
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Comparez cette valeur à votre prime annuelle tous risques
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Demandez 2-3 devis en tiers étendu pour mesurer l’économie possible
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Vérifiez les doublons avec vos autres assurances (habitation, mutuelle)
Plutôt que de vous demander quelle formule est « la meilleure », posez-vous cette question : en cas d’accident responsable demain matin, combien êtes-vous prêt à sortir de votre poche ? La réponse dicte votre choix.